jeudi, 21 février 2008
Je viens du ciel, et les étoiles entre elles ne parlent que de toi.
Si un jour on me demande quel fut la personne qui influenca le plus ma vie, celle qui représentait absolument tout, je répondrais par ton prénom, sois-en sûre.
Ta vie est à l'image d'un immense puzzle, que je m'efforce de compléter jour après jour. Car je sais que tu n'aimes pas en parler. Pas trop. Je sais que tu es née le 22 février 1933. Que c'était un mercredi, qu'il était huit heures du matin. Qu'il faisait beau. Probablement. Car ce jour-là, naissait le plus précieux des anges. Je sais que tu traversa la guerre alors que tu étais si jeune, que tu te fiança à dix-sept ans puis te maria à dix-neuf. Que tu conçu ton premier enfant un an plus tard, et que cette petite fille deviendra ma mère des années après. Que tu te vis dans l'obligation de renoncer à ta terre et au pays qui te vit naître à cause des guerres d'indépendances. Que tu mis au monde quatre autres enfants, dont un garçon.
Puis hier, au détour d'une conversation où l'on parlait de tout mais surtout de rien, j'appris alors que tu étais amoureuse de mon grand-père depuis tes sept ans. Et que lui en avait quinze, à cette époque. J'ai trouvé ça réellement merveilleux. Durant toute ta vie, tu n'as aimé et chéri qu'un seul homme. Comme tu le dis si souvent, lorsque l'on plaisante à propos d'hommes de ton âge: "Je n'ai eu qu'un seul amour et il est parti. Je lui serais toujours fidèle." Ca m'a fait croire que l'amour parfait peut exister. Ca m'a fait rêver. Et regretter de ne l'avoir connu que quelques mois.
Demain sera ton soixante quinzième anniversaire. Et je voudrais que tu saches à quel point tu es un être exceptionnel. Que si je suis comme cela aujourd'hui, c'est en majeure partie grâce à toi. Que tu saches à quel point je t'admire. Tu as le rare don d'attirer l'amour, comme ces princesses de contes de fée. Le diffuser autour de toi. Etrangement, chaque enfant qui passe la porte de chez toi refuse catégoriquement d'en partir. Ca me fera toujours sourire. Et éprouver de la fierté, aussi.
Et lorsque je me revois enfant, c'est dans ta cuisine, dansant au rythme de la musique que diffuse le poste de radio. Un douce odeur d'arômes et d'épices m'amplissant délicatement les narines. De toutes ces journées de vacances passées à tes côtés. De tous ces soirs après l'école. Même aujourd'hui. Rien n'a changé et ce serait la dernière chose que je souhaiterais.
Cependant paradoxalement, si, tout a changé. Depuis ces longs et affreux mois. Mais j'ai trop peur. Je suis trop effrayée pour réussir à mettre des mots sur mes craintes. Trop faible. J'en suis simplement incapable. C'est trop dur, même d'y penser.

Je te le promets et ça pour toujours, je le dirais aux étoiles, je le crierais au monde entier, tu resteras la femme de ma vie. A l'infini du temps et à celui du firmament.
21:40 Publié dans Little Diary | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note



Commentaires
Alors... il est tard. Je cogite dur ces temps-ci, sur des choses qui n'ont pas lieu d'être, donc ça y est sans doute pour quelque chose... mais cet article, il m'a fait monter les larmes aux yeux. Elle m'a l'air d'être un sacré bout de femme ta grand-mère, et tu as raison de l'admirer. Aimer le même homme toute sa vie... c'est ce que j'ai lu dans les livres, ce que j'ai cru sans croire... Mais c'est vraiment possible alors ? C'est merveilleux... c'est magnifique même.
Je n'ai pas eu de grand-mère comme la tienne. La première, elle habite loin, et elle ne s'est pas montrée très sympathique à l'égard de sa fille (ma mère) et de ses petites-filles (c'est-à-dire de ma soeur et moi). J'y allais chaque été, puis quand les mots prononcés furent trop méchants, que son manque de caractère et sa soumission devinrent insupportable, on est rentrés chez nous, à l'autre bout de la France : les premiers mots de ma mère dans la voiture furent pour moi : "tu as tord de pleurer. Nous ne reviendrons plus jamais" . Je ne me suis pas arrêtée de pleurer... j'ai pleuré la mer, mon arrière grand-père que je ne reverrai sans doute jamais, et qui finit sa vie dans sa toute petite maison, là-bas, au bout de la rue, avec son chat noir, sauvage. J'ai pleuré cette île, et en traversant le pont de plusieurs kilomètres, en regardant le Fort Boyard de loin, je me suis promise de revenir... Mais je n'ai pas pleuré mes grands-parents : ils ont choisi ce jour-là. Elle en nous traitant de gamines impolies (ce qui est totalement faux) et lui en allant se coucher avant notre départ, et en étant l'auteur des paroles de ma grand-mère, sans l'ombre d'un doute. Ils ont préféré leur triste vie, leurs vieilles habitudes, leurs préjugés... pas nous. Et c'est comme ça.
Ma grand-mère paternelle, c'est autre chose. Elle habite à quelques kilomètres de chez moi, elle est très vielle (87 ans), et veuve depuis des années. Elle ne m'a quasiment jamais parlé. Elle parle seulement au téléphone. Chez elle, il n'y a que "Questions Pour Un Champion" qui passe. Elle est toujours toute seule. Des gens passent pour faire un petit coucou, et s'en vont. Elle devient sourde, elle ne voit presque plus, et cela depuis des années... Je crois que je l'ai toujours connue "vieille". Elle ne m'a jamais raconté d'histoires, jamais contée sa vie. Et si je lui demandais, je n'aurai aucune réponse, car elle me dirait "j'ai oublié ma petite, je sais plus...". Ton article me fait prendre conscience, tout à coup, que sa vie, ça restera un grand trou noir pour moi, et pour beaucoup d'autres sans doute... Et pourtant, elle n'a pas du avoir une vie simple elle non plus... mais tout sombrera dans les oubliettes. C'est triste.
Bref, tout ça pour dire que... j'ai grandi sans avoir de grand-mère à proprement parlé. Que je n'attachais aucune importance aux relations grands-parents/petits-enfants dans les films, parce que pour moi, ça n'avait jamais existé... c'est bizarre comme, toute petite, j'avais attribué cela à la fiction, pas à la réalité. Et je crois que je ne m'en suis jamais détachée... Tu sais, c'est comme la chanson de Rose, Ciao Bella, qu'elle a écrite pour son grand père. Rose et toi, vous faîtes parties de ce lot que je considère comme "à part" (même si c'est peut-être moi qui suis "à part" en fait...) parce que vous avez cette chance d'avoir quelqu'un de si respectable et de si aimable... Je sais pas comment te dire, donc je crois que je vais m'arrêter là (un roman à moi toute seule -_-').
Toujours est-il que c'est un joli hommage que tu lui rends là... Et qu'il m'a toute retournée, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué bien sûr ^^.
Merci pour ce bel article...
Bises.
Ecrit par : Babou | vendredi, 22 février 2008
Waouh, ça c'est de l'article, je sais pas trop quoi en penser en fin de compte enfin plutôt si déjà que c'est un superbe article et que ta grand mère a l'air de quelqu'un d'exceptionnel... Enfin une femme qui a vécu quoi.
Je sais pas quoi penser parce que moi même j'ai une grand mère que je me devrais d'admirer alors bien sur je l'admire, parce qu'elle a toujours été là pour nous, bien sur seulement on est pas vraiment proche, je sais qu'elle m'aime, je l'aime aussi mais comme j'ai du mal à le montrer et elle aussi...
Ca clash parfois en quelque sorte.
Enfin tout ça pour dire que c'est un superbe hommage pour elle, je peux te dire qu'en lisant ça enclenche plein d'émotions en tout cas, enfin tout ça pour dire que perso, j'ai toujours été proche de mon grand père, beaucoup plus que tout le monde, même que de mon père. Mon grand-père, je sais pas comment expliquer, c'est spécial... Comme Babou parle de la chanson Ciao Bella, ouais moi je serais plutôt comme Rose et je sais pas ce que je ferais quand il viendra à ne plus être là mais bon...
Voilà encore une fois, super article Mademoiselle Fraisy ^^
Bisous Miss =]
Ecrit par : Izzie | vendredi, 22 février 2008
Ah ouais, j'ai oublié un truc... Moi aussi je trouve ça formidable d'aimer quelqu'un depuis toujours, je sais même pas si ça existe encore des trucs comme ça en tout cas voilà.
Et j'adore ta nouvelle ban.
Ecrit par : Izzie | vendredi, 22 février 2008
Cette note est magnifique. Tu as de la chance d'avoir un lien aussi beau avec ta grand-mère. Profites d'elle et de tous vos jolis moments ensemble. ;)
PS : Je suis éblouie par la beauté de ta bannière. J'adore !
Ecrit par : Miss Austen | vendredi, 22 février 2008
C'est juste magnifique ! Très bien écrit encore une fois et si touchant.
Je crois que les grands-mères ont toujours une place particulière...
Son histoire d'amour est très belle et donne envie de croire à l'amour.
Tu as chassé les nuages alors ? Ta bannière le laisse croire, elle est très belle et pleine de vie :) !
Ecrit par : Shopgirl | vendredi, 22 février 2008
Merci beaucoup. Vraiment, vos commentaires m'ont touchée...
@Babou: Etant donné que je ne peux plus valider mes commentaires sur ton blog, je te le dis ici: Merci infiniment. Ton commentaire m'a réellement émue et ce pour différentes raisons.
Et... Tu reprends les cours lundi, non ? Passe un bon week-end et pleiiin de courage ^.^
Des bises ...
Oui, les nuages se sont dissipés. Ce n'était pas la soirée, pas la journée, je ne sais pas.
Ecrit par : Fraisy | vendredi, 22 février 2008
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